Saint-Étienne triomphe de Montpellier dans un Geoffroy-Guichard comble
Une petite pause au classement ne suffira pas à diminuer l’enthousiasme grandissant dans le Forez. Saint-Étienne a confirmé son statut de prétendant à la Ligue 2 dans un stade Geoffroy-Guichard enflammé, où 39 000 spectateurs, présents pour la première fois de la saison, ont offert un spectacle à la hauteur des joueurs.
Une victoire convaincante
Le Chaudron a exprimé sa fierté en voyant son équipe dominer une formation montpelliéraine combative avec un score de 3-1, prenant ainsi cinq longueurs d’avance sur Annecy, son poursuivant immédiat après cinq journées. Dans une ambiance festive, les Verts ont poursuivi leur parcours parfait avec cinq victoires et 16 buts inscrits, soutenus par leurs deux kops bouillonnants, de retour sur leurs terres après deux huis clos partiels.
« Bon courage à travers l’enfer vert », ont déployé les Green Angels 92, dans le virage sud, au bas d’une tribune décorée d’un imposant tifo blanc et vert de « ASSE ». Tandis que les Magic Fans 91, dans le virage nord, agitaient leurs torses nus en scandant « Qui c’est le plus fort, évidemment c’est les Verts », un hymne de Jacques Monty datant de 1976. Douze fois 10 500 supporters en pleine forme, dans un vacarme assourdissant, cela compte.
Un match disputé
« Ce stade représente le lien des retrouvailles, qu’elles soient familiales, sociales, ou de voisinage, où la proportion d’ouvriers et d’employés est équilibrée, contrairement à d’autres enceintes plus fréquentées par les classes moyennes », a expliqué Pascal Charroin, historien à l’université de Saint-Étienne. Il y a quelques années, le public avait refusé de quitter le stade. Le match n’avait pas repris, mais les chants avaient duré quarante-cinq minutes. Cela constitue un moyen de transmettre une passion. C’est un lieu qui existe au-delà de l’événement, affirmant une identité.
Au son de ses ultras aux convictions politiques divergentes, l’AS Saint-Étienne a commencé le match de manière intense. Cependant, l’équipe a ensuite perdu le fil, se heurtant à la détermination athlétique de Montpellier. Elle a ouvert le score sur un but discutable, marqué après une faute de Aron Csongvai sur Hichem Abderrebi, mais d’une beauté indiscutable, grâce à un centre d’Irvin Cardona suivi d’une superbe reprise de Maxime Bernauer (1-0, 41e).
« C’est une chance pour Saint-Étienne, mais parfois, cette atmosphère que je connais bien pousse inconsciemment les arbitres à prendre des décisions en faveur des locaux », a affirmé l’entraîneur montpelliérain Zoumana Camara, qui a lui-même été formé chez les Verts et a disputé 152 matches, et qui a été averti pour contestation. Dans le temps additionnel, son équipe a réussi à égaliser grâce à un coup de tête de Daylam Meddah (1-1, 45e + 5) au premier poteau, bien que hors-jeu selon les images télévisées.
« Cette égalisation était méritée », a ajouté le coach du MHSC. « Nous ne sommes pas venus en victimes, nous avons fait preuve de personnalité et nous leur avons posé des problèmes, surtout dans la verticalité. Cependant, nous avons manqué une meilleure entame de la seconde période, un peu d’expérience. Cette expérience ne s’achète pas. » De la folie, car les Verts ont inscrit deux buts que Camara a qualifiés de « venus d’ailleurs ». Une frappe soudaine de 25 m d’Augustine Boakye (2-1, 49e) et un but à la finition collective brillante, transformé par une reprise sous la barre de Joshua Duffus (3-1, 71e). Les Stéphanois ont su gérer la fin de rencontre avec la solidarité qui les caractérise en 2026.
« Je suis heureux pour les joueurs », a déclaré l’entraîneur Ian Cathro, interrogé sur l’impact du public. « C’était un moment crucial. Après la pause, ils ont joué avec plus de rapidité et de liberté. Ils ont su répondre aux difficultés en restant soudés. Je peux simplement réaffirmer que je ferai tout pour aider ce club qui n’est vraiment pas normal. »